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Hypersomnie idiopathique, hypersomnies centrales primaires et secondaires; somnolence, fatigue et sommeil  
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21-10-2017
 
 
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1972 Roth Bendrich Convertir en PDF 

Hypersomnia with "Sleep Drunkenness"

Roth Bendrich, MD, Prague 

 

    C'est le premier article qui traite de l'hypersomnie comme on l'entend : l'hypersomnie idiopathique. Roth décrit 58 patients dont 52 idiopathiques. Ces patients rapportent un sommeil anormalement profond et prolongé. Parmi ces 58 patients il trouve qu'un tiers d'entre eux souffrent d'ivresse de sommeil (sleep drunkenness : réveil accompagné de confusion, désorientation, faible coordination motrice, lenteur et retour en sommeil répétés). 36% des hypersomnies idiopathiques possèdent une histoire familiale. Concernant les caractéristiques du sommeil, Roth n'a trouvé qu'un sommeil allongé ainsi que 2 particularités physiologiques chez les hypersomniaques : un rythme cardiaque et une fréquence respiratoire nocturne supérieurs aux témoins.

    Résultats :

    Les patients ne se réveillent que rarement spontanément à une heure correcte, Ils sont réveillés par un réveil-matin mais l'éteignent puis se rendorment fréquemment. L'aide extérieur est nécessaire pour le réveil. L'ivresse de sommeil (Sleep drunkenness) est semblable au réveil après d'une nuit un peu trop arrosée, d'où le nom anglais.

    La nuit était décrite par les patients comme extrènement profonde (comme une anesthésie) et la majorité des patients ne se rappelaient jamais de leur rêve. Leur nuit était aussi très longue en durée; par exemple se coucher vers 21h pour ne se réveiller que vers 13h. Sur les 58 patients, 49 reportaient ce type de sommeil, 5 une nuit "normale" et 4 avaient un sommeil agité. Les patients s'endormaient rapidement et n'étaient pas capable de lire plus de quelques lignes d'un livre avant de s'endormir.

     51 patients souffraient également d'hypersomnie diurne : ils étaient plus ou moins somnolents toute la journée et s'endormaient, le plus souvent, pendant plusieurs heures. Mais Roth décrit ici la différence avec la narcolepsie car les patients hypersomniaques ne s'endorment pas en marchant, en parlant ou en mangeant, ils ont généralement le temps d'aller au lit.

    Autres symptômes.
12 avaient des maux de tête et des migraines
5 avaient des dépressions récurrentes (ce qui aggravaient les symptômes de l'hypersomnie)
12 patients avaient des problèmes neurologiques : difficultés à se concentrer, humeur instable et anxiété.
8 présentaient de sévères troubles de la personnalité ou des symptômes psychotiques.
(Mais Roth dit bien n'avoir pu montrer de relation spécifique entre l'hypersomnie et ces autres symptômes, que ce soit comme cause ou comme effet.)
3 avaient une ptôsis bilatérale (abaissement de la paupière supérieure)
8 patients avaient des signes de Chvostek (Chvostek's sign = a twitch of the facial muscles following gentle tapping over the facial nerve in front f the ear that indicates hyperirritability of the facial nerve)

    Certains de ces patients souffraient de ces problèmes depuis leur enfance, mais pour la majorité des hypersomniaques l'origine des troubles remontait à leur deuxième ou troisième décennie, rarement plus tard. Sur les 52 patients idiopathiques il y avait 30 hommes pour 22 femmes.

    La maladie était stable sur plusieurs années après son apparition; certains patients souffraient de cette hypersomnie depuis 40 ans. Mais certains patients ont eu une soudaine majoration ou diminution des problèmes.

    Caractéristiques polysomnographiques:
Il a été noté chez 8 patients une augmentation de la réaction à l'hyperventilation : apparition généralisé d'ondes thêta et delta. Le sommeil de jour a été enregistré pendant 1 heure en début d'après midi; il n'a pas été retrouvé de sommeil paradoxal (ce qui différencie bien ces patients de narcoleptiques), et très rarement du sommeil lent profond.
Durant la nuit Roth ne trouve aucune particularité du sommeil qui est toutefois un peu allongé : 9h en moyenne contre 7 heures pour des témoins; il note que peu de patients se réveillent en ivresse de sommeil ce qui étonne les patients eux même sachant que pour eux l'ivresse de sommeil est quasi quotidienne. Est ce que ceci est à lié à la qualité de la nuit en laboratoire? Certains patients décrivent un sommeil plus léger en dehors de leur environnement de sommeil habituel, ainsi qu'un réveil moins difficile. La solution serait elle pour un hypersomniaque de dormir tous les jours dans un lieu différent ???

 Chez les patients atteints d'hypersomnie idiopathique la fréquence cardiaque est plus élevée que pour les autres groupes, en début de nuit comme en milieu de nuit. On peut aussi noter que cette fréquence cardiaque va diminuer pendant les 5 heures de sommeil alors qu'elle se stabilise plus vite dans les autres groupes.

La fréquence respiratoire est également supérieure chez nos hypersomniaques, de plus, elle est très irrégulière.  La plus grande fréquence respiratoire et cardiaque, associée à la présence de céphalées et de migraines chez les hypersomniaques nous amène à nous demander s'il n'y avait pas quelques apnéiques parmi nos hypersomniaques.

A la fin des résultats Roth mentionne son expérience concernant l'ivresse de sommeil de ses patients. Il écrit que celle ci est diminuée voir absente si le patient prenait un comprimé de stimulants avant d'aller se coucher (methylphenydate ou amphetamine sulfate). Les patients disaient dormir moins profondément mais ils ressentaient cela positivement car leur sommeil devenait plus "normal" et plus agréable. pour les patients chez qui cette solution empêche de dormir correctement, il mentionne la possibilité pour le patient de prendre un comprimé juste en se réveillant la première fois pour ensuite se rendormir. Dans le cas l'aide extérieure peut être utile.
A ma connaissance cette technique n'est pas rapporté comme étant très efficace par beaucoup de patients, de plus certains trouvent que se réveiller après avoir avalé un comprimé est encore plus dur. Mais c'est toujours une solution qui vaut la peine d'être essayée puisqu'elle est efficace chez certains.

 

 

Conclusion :

    Cette étude est pour moi une référence car Roth a poussé très loin la description clinique des patients hypersomniaques et il a aussi décrit ce qui les génait le plus. Cette étude réalisée en 1972 à l'avantage de ne pas avoir sélectionné les patients sur les critères polysomnographiques, mais ceci à l'inconvénient de ne pas savoir s'il existe des patients apnéiques ou des hypersomnies d'ordre psychiatriques. On peut tout de même penser que parmis les 58 hypersomniaques, 4 ou 5 patients étaient d'origine psychiatriques et correspondraient aux patients ayant une nuit de mauvaise qualité (hypersomnie en sommeil léger?) avec possiblement des difficultés d'endormissement.

    On ne trouve pas de résumé des caractéristiques polysomnographiques des patients (il faudra attendre l'époque de l'enregistrement numérique des données polysomnographiques) ce qui est dommage puisque cette cohorte semblait assez homogène et pour moi correspondait à de vrais hypersomnies.

    On retiendra de cette étude que les patients ont un sommeil très profond et de longue durée, on trouve une grande proportion de personnes atteintes d'ivresse de sommeil mais il existe aussi de fréquents symptomes retrouvés chez eux (dont l'hypotension et les maux de tête).

 

Roth B, Nevsimalova S, Rechtschaffen A.
Hypersomnia with "sleep drunkenness".
Arch Gen Psychiatry. 1972 May;26(5):456-62

 

Dernière mise à jour : ( 06-04-2010 )
 
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